Crise du COVID-19: Les magasins d’habillement frappés de plein fouet

Behoririka est un quartier commercial très fréquenté de la capitale. Avec la crise provoquée par l’irruption du Covid-19, les boutiques ferment leurs portes avec amertume.

« C’est vraiment très dur de remettre la clef et de renoncer à toutes les années d’efforts et de sacrifices », déplore une propriétaire de magasin d’habillement auprès de l’établissement Avance Center Behoririka. Il n’y a pas que les zones franches ou le secteur touristique qui souffrent de la situation d’Etat d’urgence sanitaire, les commerçants, dont principalement ceux dans l’habillement, en sont également sanctionnés. Ils sont nombreux à remettre la clef de leur box au propriétaire pour avoir manqué le paiement du loyer. « Pour les boutiques d’habillement, la crise a commencé bien avant les mesures de confinement. Cela fait des mois que Madagascar a fermé ses porte à la Chine donc cela fait des mois qu’il n’y avait plus d’arrivage. La recette a considérablement régressé d’autant plus que tous les ménages ont prioriser leur provision en nourriture au besoin de vêtement. Le moyen ne permet donc plus d’assurer les charges », poursuit-on. Bien avant la décision de couper toute liaison avec les pays étrangers, des groupes de commerçant ont respectivement consulter les agences gérantes des centres commerciaux  ou les Chinois propriétaires des établissements de Behoririka pour négocier une possibilité de réduction du loyer ou une faciliter de paiement. Cette demande attend toujours une réponse de leur part. 

Pour l’établissement Avance Center Behoririka, la location d’un boxe s’élève de 70.000 à 90.000 ariary le métré carrée. Rajoutant à cette charge le solde des employés ou vendeurs. Et pour toute rupture de contrat, les locataires sont passible d’un préavis de 4 mois. Mais selon les informations des commerçants , les Chinois propriétaires ont été beaucoup plus tolérants et n’imposaient pas de préavis à ceux qui ont dû remettre la clef. En tout cas, la situation est critique pour ces commerçant qui, eux aussi, ont suspendu leurs activités pendant 14 jours où plus suivant l’évolution de la situation. Chaque jour de fermeture leur coûte un manque à gagner de plus de 300.000 ariary. L’interviewé a souligné que bon nombres des commerçants ont recouru au crédit pour lancer ou étendre leurs activités. La majeure partie d’entre eux vont devoir trouver d’autre moyen pour rembourser leur prêt auprès de la banque ou des microfinances. « Je pense qu’il faudrait deux ans ou même plus pour se remettre de la situation, notamment de la fermeture des frontières de la Chine et les 14 jours de confinement », confie la commerçante.