Marché des devises et Covid-19: Une brève appréciation de l’Ariary face à l’Euro

Si tout le monde se sont focalisés sur la crise sanitaire mondiale liée à Covid-19 menaçant la grande ile, la monnaie nationale s’est brièvement appréciée face à l’euro en passant de 4 119 a 4012 ariary. 

Depuis une semaine la monnaie nationale s’est légèrement renforcée face à l’Euro. Si un euro s’achète à 4119 Ariary sur le marché interbancaire des  devises le lundi 17 mars, la monnaie européenne s’acquiert une semaine plus tard (24 mars 2020) à 4012 Ariary. Ce phénomène est survenu juste le lendemain de la déclaration du président de la République, Andry Rajoelina, annonçant la fermeture des frontières aux pays européens touchés par la pandémie du coronavirus et aux départements français (La Réunion et Mayotte). Le président a donc donné une semaine aux Malgaches désirant rentrer au pays et aux ressortissants étrangers voulant repartir chez eux avant de procéder à l’acte. Mais tenant compte du grand risque d’invasion du coronavirus, le Chef de l’Etat a décidé de couper toute liaison avec les pays étrangers depuis 20 mars dernier.

Depuis bon nombres de malgaches en déplacement à l’étranger sont, en effet,  rentrés au pays. Ce retour massif de ressortissants malgaches est accompagné par  l’augmentation des opérations de changes d’euros en ariary. La monnaie nationale s’est alors appréciée passant d’un euro s’échange de 4 119 à 4 012 ariary du lundi 17 mars au mardi 24 mars dernier, si le dollar s’est stabilisé autour de 3 743 ariary.

Le beau temps avant la tempête

Ce contexte ne peut être cependant que de courte durée. Maintenant que la frontière est totalement fermée et que la crise liée au Covid-19 pèsent sur l’économie nationale, une dépréciation de l’Ariary est à craindre. En effet, dans les opérations à la date de ce mercredi 25 mars, l’ariary commence à nouveau à se déprécier… A la date d’hier, l’euro s’acquiert à 4 035 ariary, la monnaie nationale commence à céder du terrain face à la devise européenne. 

La fermeture des frontières malgaches aux voyageurs et l’État d’urgence sanitaire impacteront de manière négative sur le marché de devises. La fermeture de nos aéroports internationaux aux vols extérieurs et de nos ports aux bateaux de croisières nous privent des devises des touristes. De même les restrictions de liberté publique prises dans le cadre de l’Etat d’urgence sanitaire ralentissent les activités économiques. Rien que l’interdiction de circuler durant la demi-journée, suivi du couvre-feu et de suspension des transports publics,  contraignent les entreprises à réduire le temps de travail ou à réviser son plan budgétaire afin de mobiliser un moyen de transport pour le personnel. D’autres ont même dû procéder au chômage partiel ou à la cessation d’activité. La production et le commerce vers l’extérieur sont réduits et perturbés. Le retour à la normale rapide est souhaitée pour la stabilité économico-financière.