Antananarivo, Toamasina et Mahajanga: Isolement régional progressif

Petit-à-petit, les régions de la Grande île s’isolent face à la hausse du nombre de contaminés par le Covid-19. L’Etat d’urgence proclamé par le chef de l’Etat en fin de semaine dernier autorise le pouvoir à limiter la liberté de circulation des personnes sur l’étendue du territoire. 

Face à la menace à la propagation massive de la pandémie Covid-19, le chef de l’Etat Andry Rajoelina a proclamé samedi 21 mars dernier l’Etat d’urgence (sanitaire) nationale et le confinement pour la capitale et pour le Grand Port de l’Est. Progressivement, l’entrée et la sortie de ces deux villes sont interdites pour les passagers que ce soit par voies terrestres ou aérienne, seul le transport de marchandises est autorisé. Cette mesure s’accompagne de l’interdiction pour les véhicules de transports publics (taxi, taxi-be,…) de circuler de jour comme de nuit. La population ne peut qu’effectuer une sortie que chaque matinée que pour faire ses provisions. 

Les forces de l’ordre, munies de leurs armes et de véhicules blindés légers, ont pris position sur les différents points d’entrée et de sorties de la ville tels qu’à la hauteur Iavoloha, de Talatamaty et d’Ambohimangakely depuis lundi matin pour fermer la circulation entre la capitale et les villes avoisinantes et les autres régions. Les vols reliant la capitale aux autres grandes villes ont aussi été interrompus au troisième jour de l’État d’urgence. 

Mahajanga a aussi décidé de fermer ses portes aux autres régions de l’île.  Le jeudi 26 mars dernier, le chef de Région Boeny et la vice-présidente de l’Assemblée nationale pour l’ex-province de Mahajanga ainsi que les autorités civiles et militaires regroupés au sein du Centre opérationnel de commandement anti-Covid-19 Mahajanga ont proclamé “la fermeture de la frontière de la Région Boeny (à la circulation des personnes) … jusqu’à nouvel ordre”. Seuls les transports des marchandises sont autorisés. Jusqu’à présent, aucun cas suspect n’est décelé, peut-être que les autorités locales veulent prendre les devants pour contenir la pandémie.   

La Région Haute Matsiatra, dont le chef-lieu est la ville de Fianarantsoa, risque aussi d’emboiter le pas aux trois grandes villes précédentes. La découverte d’un cas suspect, dont le résultat sera connu ce samedi, a poussé le gouverneur de la Région Haute Matsiatra Lova Razafindrafito à prévenir que, si le cas suspect se mue en cas confirmé,  la ville de Fianarantsoa sera mis en confinement. Et la Région pourrait aussi proclamer la fermeture de ses limites à la circulation des voyageurs. 

La capitale, l’étau se referme de plus en plus


Pour Antananarivo, le gouvernement durcit de plus en plus le ton face à une frange de la population insouciante. Effectivement, les ministres se succèdent au petit écran pour inciter la population à rester chez eux pour  contenir le virus et pour permettre la maîtrise de la pandémie. Ce vendredi 27 mars, les forces de l’ordre ont commencé à resserrer l’étau sur et dans la capitale.  

Les points de sortie sont sévèrement contrôlés et interdits à la circulation. A Anosizato, point de sortie sur la rn1, les forces de l’ordre ont dû faire usage de grenades lacrymogènes pour disperser  la foule pour les contraindre à rentrer chez eux et à ne pas se rassembler. Les autres points de sortie sont aussi verrouillés tels qu’Andranomena pour la rn4 et Ankadimbahoaka pour la rn7. Dans la ville, les différents rond-points sont contrôlés et tous véhicules quatre roues ou deux roues non autorisés sont interceptés et refoulés ou sanctionnés.  

La sévérité des autorités et des forces de l’ordre fait suite à l’insouciance dangereuse de certaine partie de la population et de la hausse des personnes contaminées ces dernières heures qui est passée de 3 à 26 en une semaine.