SEFAFI: Constat d’un système de santé défaillant

Photo d’archive

L’Observatoire de la vie publique (SEFAFI) est l’une des très rares organisations de la société civile à s’exprimer sur la situation sanitaire depuis l’irruption du Covid-19 dans nos frontière et la proclamation de l’Etat d’urgence. Le SEFAFI constate en effet  la défaillance du système de santé dans la Grande île face à l’ampleur de la pandémie du coronavirus. L’Observatoire fait remarquer que la ruée de la population pour acheter des tablettes de vitamines ou de médicaments pour se prémunir contre le coronavirus révèle le fossé existant entre les couches sociales. D’un côté ceux qui bénéficient de la couverture santé universelle et autres formes d’assurances santé et ceux qui ne peuvent pas se le permettre. 

Et le SEFAFI de rappeler la prédominance de la corruption dans le secteur de la santé, une réalité qui serait la conséquence du faible taux de rémunération du personnel médical, du manque flagrant de matériels,… La défaillance du système de santé est aussi l’impact immédiat de la faiblesse du budget alloué annuellement par l’Etat  au secteur de la santé. Et, comme la plupart des citoyens, l’Observatoire s’interroge aussi sur la capacité des hôpitaux malgaches face à une contamination massive du Covid-19. Le SEFAFI a toujours un rôle interpellatif face aux dérives et défaillances de l’Etat et des tenants du pouvoir. Qu’en est-il quand ses membres accèdent aux hautes fonctions de l’Etat?

Qui sont ses Sefafistes au pouvoir?

Trois grandes figures du SEFAFI occupent actuellement des hautes fonctions de l’Etat. Le constitutionnaliste Jean-Eric Rakotoarisoa, nommé dans le quota présidentiel par Hery Rajaonarimampianina, préside la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) depuis août 2014. Les décisions prises pendant sa présidence ont toujours provoqué de débats importants sur l’interprétation de la loi fondamentale surtout pendant les crises institutionnelles de mai – juin 2015 lors de la tentative de destitution de l’ex-chef de l’Etat Hery Rajaonarimampianina et au début 2018 lorsque des manifestations, sous la conduite des parlementaires pro-Ravalomanana et pro-Rajoelina, éclatent sur la place du 13-Mai.  Sous l’égide de Jean-Eric Rakotoarisoa, la HCC est passée d’institution chargée de veiller à la constitutionnalité des textes de loi et juge-arbitre pendant les élections à un rôle de régulateur pendant les périodes de crise en s’octroyant de super-pouvoir temporaire.

L’autre grande figure du SEFAFI est Madeleine Ramaholimiaso. Fondatrice du KMF-CNOE, elle a présidé cette entité qui fut la première à jouer un rôle important en tant qu’observateur des élections libres et démocratiques du début des années 1990. Elle est aussi l’un des fondateurs du SEFAFI. C’est surement à cause de son réseau et son influence dans le milieu politique et de la société civile que Madeleine Ramaholihaso a été nommée Grand Chancelier de l’Ordre national auprès de la présidence de la République. 

La dernière grande figure du SEFAFI à intégrer les hautes fonctions de l’Etat est Sahondra Rabenarivo. Juriste, de Harvard Law School, elle est nommée par le président Rajoelina à la présidence du Comité pour la Sauvegarde de l’Intégrité (CSI). Cet organisme est chargée de la conception et de l’élaboration des programmes de bonne gouvernance et de l’Etat de droit auprès de la présidence de la République. 

Le SEFAFI devrait songer à former des intellectuels à intégrer dans l’Exécutif pour mener les actions et les réformes qu’il réclame tant depuis plus d’une décennie. Et ne plus rester comme observateur…