Union africaine: “Quatre fantastiques” pour coordonner l’aide internationale

Tous les acteurs internationaux prédisent un désastre humanitaire et économique pour l’Afrique à cause de la pandémie. Les bailleurs de fonds traditionnels ont déjà annoncé le déblocage d’aides financières pour le continent noir. Madagascar a récemment bénéficié des largesses du FMI par le déblocage de plus de 250 millions de dollars dans le cadre de Facilité de crédit rapide (FCR). Même si Madagascar bénéficie déjà du soutien financier de ses partenaires, la Grande île peut aussi tirer profit des autres formes de programmes d’aides destinées au continent Africain. Membre fondateur et à part entière de l’Union africaine, l’île continente a besoin de toutes les aides possibles pour faire face à la pandémie et pour soutenir son économie intégré dans celle du libre-échange au niveau continental. 

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa, président en exercice de l’Union africaine, a désigné tout récemment quatre personnalités pour coordonner les aides promises à l’Afrique par la communauté internationale. Ces financiers sont l’Ivoirien Tidjane Thiam, le sud-africain Trevor Manuel, le rwandais Donald Kaberuka et la Nigériane Ngozi Okonjo Iweala.    Qui sont donc ces interlocuteurs des autorités malgaches auprès de l’Union africaine sur le dossier Covid-19?

Donald Kaberuka: L’ex-homme fort de la BAD

Donald Kaberuka a été le septième président de la Banque africaine de développement (BAD) de 2005 à 2015.  C’était sous son mandat que la banque panafricaine est devenue le premier organisme de financement du développement en Afrique avec des prêts et des dons s’élevant à plus de 8 milliards d’euros. La Banque africaine intervenait alors dans le financement des infrastructures, du transport, de l’énergie et à la faveur du développement de l’intégration régionale. Avant son entrée à la Bad, Donald Kaberuka a été le ministre des Finances et de la Planification économique du Rwanda entre 1997 et 2005. Cet économiste spécialisé dans la finance internationale a fait ses études universitaires à Dar-es-Salam (Tanzanie) et Glasgow (Royaume-Uni). 

Ngozi Okonjo Iweala: L’ex-directrice générale de la Banque mondiale

D’origine nigériane, Ngozi Okonjo Iweala, diplômée de deux universités prestigieuses américaines Harvard et Massachusset Institute of Technology (MIT), a fait son entrée à la Banque mondiale en 1982. Et elle devient secrétaire du Conseil d’administration de la banque autour de 1995 lorsque James Wolfenson devient le président de la Banque mondiale.  Et, avant de revenir comme directrice générale de cette institution de Bretton Woods entre 2007 et 2011 sous la présidence de Robert Zoellick, Ngozi Okonjo Iweala a été ministre des Finances du Nigeria (2003-2007 puis 2011 – 2015).

Manuel Trevor: Le grand chancelier sous Nelson Mandela

Diplômé de l’université de la technologie de la péninsule du Cap, Manuel Trevor est un membre de l’ANC (Congrès National Africain). Grâce au parti de Nelson Mandela il a pu intégrer le Parlement sud-africain en 1994 et devient ministre du Commerce et de l’Industrie dans un premier temps avant d’être nommé ministre des Finances en 1996. Il a occupé ses fonctions sous la présidence de Nelson Mandela, Thabo Mbeki puis président de la Commission nationale du plan auprès de la présidence de Jacob Zuma. 

Tidjane Thiam: L’ex-membre du conseil consultatif de l’Institut de la Banque mondiale

Son nom a été médiatisé récemment pour avoir démissionné de la direction générale du Credit Suisse. Tidjane Thiam, sortant de l’école polytechnique de Paris en 1984 puis de l’école nationale des mines de Paris en 1986 et d’un MBA de l’Institut européen d’administration des affaires (INSEAD), a été nommé au conseil consultatif de l’Institut de la Banque mondiale en 1999, sous la présidence de James Wolfensohn.

En janvier 2011, Tidjane Thiam prend la présidence du groupe d’experts de haut niveau sur les investissements dans les infrastructures du G20. Ce groupe, composé de cadres dirigeants des principaux établissements financiers et agences de développements, a été créé lors du sommet des 20 pays les plus puissants à Séoul en Corée du Sud. Son équipe a été chargée de proposer des projets visant à encourager l’investissement du secteur privé à développer les infrastructures dans les économies émergentes.