Crise Covid-19: Quel avenir pour les agences de recouvrement ?

Toute société dont l’activité est liée au recouvrement de dette est actuellement en grande difficulté. Les établissements financiers comme les banques disposent les moyens suffisants leurs permettant d’instaurer des mesures d’urgences dont rééchelonnement des crédits. Mais qu’en est-il des petites agences de recouvrement dont la survie dépend des commissions?

Les grands établissements dont les opérateurs téléphoniques, les stations services et même banques font recours au service des agences de recouvrement pour récupérer leurs dus auprès des débiteurs récalcitrants. La valeur des dettes à couvrir pour un client entreprise pourrait atteindre jusqu’à 500 millions d’ariary si la moyenne est de 2 millions d’ariary pour les particuliers. Le crédit est généralement lié aux factures impayés ou aux prêts non-remboursés. Un agence emplois pas moins 10 personnes dont 4 ou 6 agents de recouvrement pour faire porte à porte auprès des débiteurs et imposer un calendrier de paiement. Un service qui, pour la plupart des agences, est intégralement en suspens pendant cette période de confinement.  » C’est quasiment impossible de se rendre chez les débiteurs pour question de sécurité. Le travail d’un agent est de parvenir à établir mutuellement un calendrier de paiement ce qui nécessitent donc du temps pour négocier. Mais en cette période d’Etat d’urgence sanitaire, peu de personnes voire même aucune vous permettent d’entrer chez eux pour discuter de leur crédit », explique un agent de recouvrement actuellement en chômage partiel. La société dans laquelle ce dernier travaille a décidé de suspendre temporairement les activités. 

Les débiteurs ne sont pas en mesure de régler leurs dettes


Pour les agences de recouvrement, l’accès difficile aux débiteurs en ce période de confinement ne constitue qu’une infime partie de leurs problèmes, elles vont devoir faire face à la difficulté de ces derniers à payer leurs dettes.  » Menacés de chômage technique ou de cessation définitive des activités génératrices de revenue, les débiteurs auront du mal à respecter leur engagement de rembourser respectivement leurs crédits. Certaines entreprises débitrices ont même fermé leur porte suite à la crise. C’est un fait et étant donné que la société tourne grâce à la commission, il faudrait se préparer aux conséquences irréversibles de cette la crise. Les débiteurs vont demander plus de temps pour honorer leurs dettes « , poursuit-on. Effectivement, les agences de recouvrement sont payés par commission. Plus elles parviennent à atteindre son objectif de recouvrement, plus elles enregistrent une recette importante. L’agence de recouvrement de notre interlocuteur fixe un objectif mensuel de près de 75 millions d’ariary avec un taux de recouvrement de plus de 80%. La société s’attend à une régression jusqu’à moins de 10% de ce taux dans les mois à venir, ce qui ne couvre en aucun cas ses charges fixes dont loyer, facture d’électricité, salaires des employés et les diverses impôts et taxes. La situation prévoit des mois sombres pour les agences de recouvrement.