Tosika Fameno: Les nouveaux chômeurs sollicitent aussi de l’aide

Grâce aux appuis budgétaires des partenaires techniques et financiers, l’État a pu mobiliser une coquette somme de 189,4 milliards d’Ariary pour soutenir les ménages les plus vulnérables des trois villes les plus touchées par la crise Covid-19 notamment Antananarivo, Toamasina et Fianarantsoa. Un apport effectivement significatif pour les plus démunis mais qu’en est-il de la classe moyenne également affectée par la crise et qui est témoin d’une récession importante de son niveau de vie ? Cette couche sollicite également le soutien de l’État.

Selon le rapport du ministère de la Population, de la protection sociale et de la promotion de la femme, près de 189.400 ménages de 769 Fokontanys des 8 districts d’Antananarivo, de Toamasina et de Fianarantsoa, ont chacun bénéficié de 100.000 Ariary pour un mois et payable en une seule tranche. C’est le Président Andry Rajoelina en personne et sa femme, consciente certainement de la misère dans laquelle se trouve la majeure partie de la population, qui a ouvert la campagne du projet Tosika Fameno dans la capitale, samedi dernier. Ce sont les communes respectives, en collaboration avec les fokontany, qui ont établi la liste des bénéficiaires dont le statut est classé parmi les plus pauvres et qui sont exposés aux risques d’insécurité alimentaire. La somme de 100.000 Ariary est certes insuffisant mais considérablement significatif pour de nombreux ménages dont le revenu journalier pourrait ne pas dépasser les 3.000 Ariary voire moins.  » Je suis reconnaissante et je remercie ceux qui ont contribué de près ou de loin à la mise en oeuvre de ce projet. Cet appui financier me permettra d’effectuer une provision assurant les besoins de ma famille tout au long de quelques semaines. Le temps de reprendre le cours normal de notre vie « , explique une lavandière qui élève toute seule ses 3 enfants. Aujourd’hui, le ministère de la population a fait part du choix d’utiliser le mobile money pour le paiement afin de minimiser les contacts entre les personnes. Une mesure plus rassurante mais qui constitue un problème pour ceux ne disposant pas de cellulaire. 

Et s’il fallait étendre la liste

Seuls les ménages les plus pauvres qui ont pu bénéficier de l’appui financier du projet Tosika Fameno. Ceux qui, avant, ont pu subvenir aux besoins de leur famille grâce à un travail qui paie, mais qui, suite à la crise, l’a perdu ne sont nullement dans la liste. On parle de la mère de famille ou du père de famille qui est aujourd’hui confronté au chômage. Ces personnes ont un loyer et des factures à payer, elles ont des enfants à nourrir. Si avant elles pouvaient se les permettre, aujourd’hui, elles n’ont plus aucune source de revenue. Elles sont aussi exposées aux risques d’insécurités alimentaires. « On parle toujours des ménages les plus vulnérables mais qui ne le sont pas face à l’actuelle situation de crise ? Nombreux a perdu leur travail mais on dirait que personne ne sans souci. Nous sommes confus, nous estimons être en droit de figurer parmi les bénéficiaires parce que nous avons également des problèmes financiers. J’interpelle donc les autorités compétentes à considérer le cas des ménages qui n’ont plus de source de revenus « , déplorent un père de famille qui vient de perdre son emploi.