Déconfinement et redressement économique: Les opérateurs économiques dans le désarroi

L’économie nationale a été désarticulée par les deux quinzaine de confinement partiel. Le déconfinement progressif annoncé par le chef de l’Etat voici une quinzaine de jours a été porteur d’espoir. Mais, il manque juste les mesures d’accompagnement. Les opérateurs économiques attendent un plan de redressement afin de déterminer la marche à suivre pour renouer à la croissance.

Il y a quinze jours, le chef de l’Etat a annoncé un déconfinement progressif. Dimanche dernier, le retour à la vie normale est proclamée sur tout le territoire national sauf pour les régions Analamanga, Toamasina et Fianarantsoa.   Et ce, même si l’Etat d’urgence demeure en vigueur sur l’île. Un déconfinement est synonyme de reprise des activités et les opérateurs économiques attendent de l’Etat un plan de relance effective et efficace… Ils ont espéré que l’interview du président de la République d’hier apporterait une lueur d’espoir mais rien ne fut. 

De même, les principaux membres du gouvernement sont incapables de rassurer. Donc faut-il attendre la loi de finances rectificative.  Le texte budgétaire peut ne pas être une solution. L’Etat ne peut pas opérer de grands changement sur le principe de base inscrit dans la loi de finances initiale mais pourrait seulement apporter des petites corrections… La marge de manoeuvre du Gouvernement est donc restreinte. Or, le pays a besoin d’un grand changement de cap et une redéfinition des objectifs pour relancer l’économie post-crise. Le seul recours est le super pouvoir que l’Etat d’urgence accorde au chef de l’Etat pour trouver une solution financière et économique afin de sauvegarder et relancer l’économie du pays. 

L’usage du super pouvoir du chef de l’Etat devrait toutefois être inclusif. Toutes les forces politiques, économiques et sociales devraient être associées à cette solution pour garantir l’adhésion de tous. Il n’est pas question de revenir sur les vieilles solutions de partage de siège entres certains acteurs, mais de la recherche d’une vision et d’une voie commune pour atteindre un but unique. 

UCTU et UCTS: Suspension d’activités à partir de ce mardi

Les coopératives de transport urbain et suburbain ont décidé de suspendre leurs activités à compter de ce mardi 5 mai. Les explications avancées par les responsables sont les pertes causées par l’application des conditions sanitaires et les menaces qui pèsent toujours face au Covid-19. La limitation du nombre de places occupées avec le principe de distanciation et l’heure de travail limité entre 5 heures à 13 heures entraînent un manque à gagner énormes pour les propriétaires de Taxi-be, ainsi que le personnel exploitant. Les coopératives des taxi-be qui relient les zones éloignées se plaignent du nombre de tour effectué qu’ils estiment considérablement insuffisant pour en bénéficier un minimum de profit. On indique que les charges inhérentes à la mobilisation des vehicules avec les contraintes  actuelles engloutissent toute la recette. Donc aucun bénéfice n’en est tiré…   

Comme la majorité des opérateurs économiques, les membres de l’UCTU et de l’UCTS ont espéré dans le discours du chef de l’Etat plus de flexibilité dans le cadre du déconfinement progressif ou d’un minimum de mesure de sauvegarde pour leur permettre de survivre. 

Par ailleurs, tout le monde est conscient que les transports en commun et les marchés sont les principaux foyers de contamination vue la densité de la population qu’on y rencontre. Le constat de la hausse du nombre de personnes contaminées dimanche dernier est l’une des motivations de la suspension des activités des coopératives de transport. 

Les commerces à bout de souffle

Du côté des centres commerciaux de Behoririka, les frustrations s’installent… Après la fermeture des boutiques pendant un mois, les locataires ont tenté de négocier une réduction du loyer avec les Chinois propriétaires des bâtiments. Effectivement les établissements ne peuvent s’ouvrir qu’entre 8 heures a 13 heures, en effet, les exploitants des boutiques ont alors demandé à ne payer que la moitié du loyer. Mais, la majorité des propriétaires chinois ont refusé net.   

Les exploitants des boutiques ne savent plus quoi faire. Ils doivent compenser une perte d’un mois de confinement plus les retombées négatives du déconfinement mal négocié… 

De même,  pour les boutiques distributeurs d’appareils électroniques comme les smartphones. Ils rencontrent d’énormes difficultés en matières d’approvisionnement depuis plusieurs mois vue la suspension de vols commerciaux passagers. Le recours aux cargos est pourtant très coûteux pour quelques cartons de smartphones. Aussi il n’y a que deux ou trois avions cargo par semaines au plus. Nombreux souffrent d’une manque de trésorerie et seront contraints de s’engager dans la mise en chômage technique voire mettre la clé sous le paillasson.  

Bon nombre de PME espèrent toujours que le Gouvernement parviendra à tracer une nouvelle voie à travers un plan de relance économique secteur par secteur pour accompagner le déconfinement progressif entamé voici une quinzaine de jours.