Plan de mitigation: 356 millions de dollars dont 73 % contribution des bailleurs de fonds

Le Gouvernement lance un plan de mitigation pour venir en aide au secteur privé afin de traverser la crise liée au Covid-19. Ce plan est très attendu par les opérateurs depuis quelques semaines. Nombreux sont les entreprises qui s’essoufflent et entreprennent actuellement des processus de mise en chômage technique, cessation d’activités… Les mesures prises par l’Etat au début de la crise ont allégé les entreprises de certains poids, mais ne leur permettent pas de traverser et de faire face à la crise. Ce plan de mitigation dépendra en majeure partie du soutien financier des bailleurs de fonds. 

Le Gouvernement a ficelé son plan de mitigation. Un premier jet circule déjà dans les salons  tananariviens ainsi que dans le milieu économique. Le budget nécessaire à mobiliser pour ce plan est évalué à 356 millions de dollars (1 352,8 milliards Ariary), l’enveloppe déjà mobilisée actuellement n’est pas comprise. Dans cette grande enveloppe, l’Etat malgache contribuera à hauteur de 25,3 %, le secteur privé de 1,7 % et les bailleurs de fonds 73 %. 

Ce budget coïncide avec le montant des aides financières extérieures, venant des bailleurs de fonds, déjà publié par le ministère de l’Economie et des Finances par l’intermédiaire du directeur de cabinet, voici quelques semaines. Le montant alloué à Madagascar jusqu’à ce jour s’élève à environ 440 millions de dollars. La majeure partie de ce fonds est mise à la disposition de la Grande île sans conditions, mais nécessite quand même de la présentation d’un plan d’action. 

Le plan de mitigation tournera sur trois objectifs: la sauvegarde de l’emploi, le support aux entreprises et le soutien à l’évolution des entreprises. Pour ce faire, plusieurs mécanismes sont déployés dont le soutien à l’emploi et à la préservation du capital humain qui se manifestera par la prise en charge partielle des salaires, des coûts de formation professionnelle et du télétravail. Pour le côté financier, les mécanismes permettront d’accorder des crédits bonifiés via les banques et les institutions de microfinances, des fonds de garanties et fonds d’investissements.  Des mécanismes d’encadrement seront aussi mobilisés pour accompagner les PME durant la période vache maigre, tandis qu’un volet de ce plan permettra de stimuler le marché local et international. 

250,5 millions de dollars pour les priorités intermédiaires

Dans le cadre de la sauvegarde de l’emploi, le plan de mitigation prévoit une enveloppe de 30 millions de dollars dont 25 millions de dollars pour la subvention à l’emploi et 5 autres millions pour le maintien du capital humain. On entend par subvention de l’emploi la prise en charge partielle des salaires des employés pour les entreprises impactées par la pandémie Covid-19, et affiliées à la Caisse nationale de la prévoyance sociale (CNAPS). 

Et comme certaines entreprise durement touchées par la pandémie devraient se reformer et réorienter leurs activités,  des formations destinées aux salariés sont nécessaires pour leurs permettre de garder leurs emplois pendant et après la crise sanitaire. Un budget de 5 millions de dollars à titre de maintien du capital humain est alloué au Fond malgache de la formation professionnelle (FMFP). 

Pour le support aux entreprises, 220 millions de dollars sont réparties à titre de crédit à taux concessionnel aux entreprises via les institutions de microfinances (25 millions de dollars) et via des banques qui s’élèvent à 150 millions de dollars, tandis que 30 autres millions de dollars sont affectés aux fonds de garanties (exemple: Solidis Garantie).  Les entreprises qui rencontrent de grandes difficultés, ce qui seraient d’ailleurs le cas de nombreuses sociétés du pays, se verront attribuer une enveloppe de soutien de 30 millions de dollars. Les start-up et les entreprises désirant étendre leurs activités se verront soutenus financièrement par l’intermédiaire des projets Fihariana ou PIC 2 Miary à hauteur de 10 millions de dollars.  

Pour l’incitation à la consommation locale, 500 milles dollars seront réparties entre les entités chargées d’effectuer la promotion des produits locaux telles que les chambres de commerces et les groupements du secteur privé. 

105,5 millions de dollars pour les priorités à court et moyen terme

Pour sauvegarder l’emploi à court et moyen terme, les entreprises ont recours au télétravail. Cette contrainte a poussé les entreprises et les employés à investir dans la connectivité internet entre l’employé et l’entreprise. Un budget d’un millions de dollars est accordé à titre de subvention partielle du crédit internet pour les employés travaillant à distance. Cette subvention sera mise à la disposition des employés via les opérateurs du télécoms. 

Au niveau des chambres de commerces et de l’industrie, un fonds d’assistance technique aux PME de 5 millions de dollars sera disponible pour l’appui, le conseil et les orientations des entreprises pour qu’elles se réorganisent face à la crise pour trouver de nouveaux marchés, fournisseurs et pour développer le commerce en ligne. Tandis que 20 millions de dollars sous forme de fonds d’investissement seront mise à la disposition des sociétés de capital-risque, afin d’absorber les pertes occasionnées par la crise.  

55 autres millions de dollars seront destinés au Fonds national de développement industriel (FNDI) avec pour objectif d’augmenter la productivité, la qualité et la compétitivité des industries locales.  Et, 10 millions de dollars seront alloués au Fonds de soutien à la consommation de prestations touristiques qui est durement touchés par la la crise. 

Pour le reste, 500 milles dollars sont destinés aux départements ministériels impliqués dans la négociation en vue de la maîtrise des coûts affectant les entreprises. Et toujours en matière de dialogue, mais cette fois entre les entreprises et leurs clients, un budget de 4 millions de dollars est prévus pour essayer de rassurer les clients. Le moyen de mise à la disposition n’est pas encore définie. 

Et, à moyen terme pour conquérir les marchés internationaux pour les entreprises tournées vers l’exportation, le plan prévoit un budget de 10 millions de dollars pour une vaste campagne d’information et de communication. 

Il s’agit d’un vaste plan et qui mobilise d’énormes moyens financiers. Pour s’assurer de la réussite de ce plan de mitigation et pour sortir la tête hors de l’eau dans un avenir proche, la transparence sur la gestion, l’utilisation et l’attribution des fonds est nécessaire. Cette transparence garantira la confiance entre les gouvernants et les gouvernés pour sortir de la crise et pour se mettre sur les rails de changement.