Banque centrale de Madagascar: 166 millions de dollars du FMI rétrocédé à l’Etat

La Banque centrale joue un rôle clé dans la conjoncture économique actuelle face au Covid-19. La réunion de la commission monétaire de ce jeudi 8 mai a été axée sur cette pandémie. Aussi, la banque des banques a-t-elle effectué un tour d’horizon de la situation de crise depuis le début de l’année tout en livrant ses perspectives pour Madagascar. Une occasion pour la Banque centrale d’indiquer qu’elle a rétrocédé à l’Etat les fonds obtenus dans le cadre de la Facilité de Crédit Rapide (FCR) pour faire face au Covid-19.

Photo d’archives

Début avril, le Conseil d’administration du Fonds Monétaire international (FMI) a approuvé le décaissement de 166 millions de dollars (630,8 milliards Ariary) de la Facilité de Crédit Rapide (FCR) pour Madagascar afin de répondre à ses besoins urgents de balance des paiements résultant du déclenchement de la pandémie de COVID-19. La Banque centrale a, dans sa note de conjoncture, indiqué que les fonds obtenus de l’institution de Bretton Woods ont été rétrocédés à l’Etat  pour financer partiellement le déficit à cause du dérèglement entre la forte baisse des recettes et la hausse des dépenses publiques du fait de l’accroissement des transferts et des subventions nécessaires pour faire face à la pandémie. 

En effet, d’un côté, le taux de pression fiscale pour cette année est estimée à 8,9% en net baisse par rapport celui de l’année dernière, qui était de 10,4%. Les entreprises dépendant généralement de l’économie internationale tels que celles dans le milieu de l’import-export, le tourisme, le commerce des services,… connaissent une baisse de leurs chiffres d’affaires. L’Impôt et taxe de l’Etat sera aussi réduit en fonction du ralentissement de l’activité de l’entreprise. 

Par contre, de l’autre côté, face à la pandémie, l’Etat a des obligations vis-à-vis de la population  et des entreprises. Des dépenses sont engagées pour soutenir la population et les sociétés tels que les aides financières aux couches vulnérables et le rééchelonnement du paiement des impôts ainsi que l’affectation de ressources financières pour soutenir les unités sanitaires. Les dépenses de l’Etat atteindraient, selon la Banque centrale, 19% du PIB pour cette année contre 15,5% pour 2019. 

Balance de paiement, déficit de 0,5% du PIB pour le trimestre 2020

La Banque centrale estime que le solde global de la balance de paiement s’est nettement dégradé pour le premier trimestre de cette année. Le déficit pour les trois premiers mois de 2020 est estimé à 0,5% du PIB, alors que, pour l’année dernière, il a été de 0,2%.  Ce gap est expliqué par la diminution des exportations des biens et services, entraînant une baisse significative des transferts courants prives. 

Par contre, ce qui soutient tant bien que mal le balance de paiement est l’augmentation des transferts courants au profit de l’administration publique. En effet, les dons et subventions extérieures destinées à soutenir financièrement et économiquement la Grande île de la part des partenaires techniques et financiers  sont en hausse. 

“La situation de paiements extérieurs de Madagascar reposerait en partie sur les flux de devises résultants des aides et prêts au profit de l’administration publique”, a indiqué la Banque centrale. Le pays sera donc sous perfusion des bailleurs de fonds. Cet état de fait est déjà constaté dans le premier jet du plan de mitigation qui signale que ce programme de 356 millions de dollars  sera essentiellement financé par les bailleurs de fonds à hauteur de 73,5%.