Agriculture biologique: Vers une uniformisation du système malgache

L’agriculture biologique est en pleine expansion sur le plan mondial. Le développement des entreprises et des consommateurs responsables poussent les acteurs économiques à approfondir leurs études sur des modèles qui fusionnent la protection de l’écologie et celle la santé des consommateurs ainsi que le profit. Pays à vocation agricole, Madagascar ne doit pas rater la valorisation des produits “Bio”, aussi le gouvernement s’engage vers l’uniformisation par la présentation devant le Parlement de la loi sur l’agriculture biologique.

Il n’est pas rare que l’on rencontre dans des grandes surfaces ou auprès des mini-markets des produits estampillés “Bio”. Les marchandises qui en sont étiquetées sont, depuis plusieurs années, très recherchées par les consommateurs pour leurs qualités. Certains seraient tentés d’affirmer que tous les produits agricoles malgaches sont tous biologiques, mais il existe des principes et des procédés strictes à respecter avant d’obtenir, via des cabinets de certification, l’étiquette “Bio”. C’est pour établir une normalisation de l’agriculture biologique que le ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche a élaboré le projet  de loi sur l’agriculture biologique. Ce texte sera soumis ce mardi 12 mai pour examen, débat et adoption à l’Assemblée nationale au Centre de Conférences International Ivato. Et ce, après les travaux de commission.  

Une commission nationale de l’Agriculture biologique sera instituée pour contribuer à la mise en oeuvre de la politique nationale pour le développement de cette activité. Elle sera appelée à rendre des avis sur  les cahiers des charges, le développement des textes réglementaires, l’octroi – renouvellement – suspension – retrait des agréments des organismes certificateurs ou des systèmes participatifs de garanties. Cette commission travaillera aussi à l’élaboration des logos ou signes d’identification de l’agriculture biologique à Madagascar. 

On entend par produits agricoles bio les produits végétaux et animaux non transformés, puis ceux transformés destinés à l’alimentation humaine et animale. Seront aussi concernés les produits tels que les huiles essentielles, végétales, les eaux florales, cire d’abeilles que que soit leurs utilisations. 

Faciliter l’accès sur le marché international

L’étiquette “Bio” est une opportunité pour les producteurs malgaches d’accéder davantage le marché international. Le certificat délivré permettra de tracer et de préciser la conformité des engrais et tous les traitements recourus pendant et après la transformation de la marchandise jusqu’à sa mise sur le marché. Le certificat garantira aussi la qualité des produits. En effet, ce sont les signes ou les logo de l’agriculture biologique qui diffèrent les produits de Madagascar à ceux des pays étrangers, mais les normes appliquées sont  les mêmes. Cette nouvelle loi alignera les cahiers des charges nationaux à ceux appliqués à l’international.  

Ce projet d’uniformisation facilitera l’accès des produits malgaches sur les marchés nationaux, régionaux (Océan Indien, SADC et COMESA), continentaux (zone de libre-échange continentale) et internationaux. Les marchés réunionnais et mauriciens sont très exigeants sur la qualité des produits alimentaires. Aussi, les marchandises estampillées “Bio” trouveront une fenêtre d’ouverture pour l’accès à ces marchés et pourraient concurrencer les produits venants des pays situés à des milliers de kilomètres.  Jusqu’à présent, les producteurs locaux essaient de se conformer aux standards des pays importateurs. Mais avec la nouvelle législation, on peut dire que le système de certification sera uniformisée et permettra de mettre en valeurs les “Vita Malagasy”. Les 23 000 producteurs locaux et les 177 entreprises de produits “Bio” pourront désormais se vanter de la qualité du “Bio Malagasy”, acceptée sur tous les marchés du monde.   

Il faut remarquer que pour 2012 et 2017, la filière agriculture biologique a rapporté respectivement 22,6 millions et 55 millions d’euros pour Madagascar. Le chiffre d’affaires a doublé en cinq ans, c’est dire que le marché est évolutif et peut encore se développer.