Le secteur touristique en attente du plan de mitigation: L’Etat dispose-t-il vraiment une solution à la crise ?

Madagascar se trouve dans une situation économique chaotique qu’un plan de relance serait imminent. Pas plus tard qu’hier, la Confédération du tourisme de Madagascar (CTM) a , de nouvelle fois, informé et interpellé les autorités compétentes sur une situation agonisante dans laquelle se trouve actuellement les acteurs touristiques. Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls à faire face à ce déclin économique, nombreux secteurs en souffrent également. Mais ce crie de désespoir est-il entendu ? Le gouvernement serait sur une piste et y travaille d’arrache pied, on ne veut pas douter, mais ce long silence qui ne rassure en rien est plutôt interprété comme une incapacité de trouver une solution par certains et une indifférence par d’autres.

Il y a deux semaines, nous avons pu faire part, dans nos colonnes, quelques grandes lignes du fameux plan de mitigation concocté par quelques membres du gouvernement et des représentants du secteur privés dans l’objectif de relancer l’économie du pays. Un plan dont le contenu manque de détail et qui n’a toujours pas été rendu public. Le plan de mise en oeuvre attend surement la Loi de finances rectificative mais le fait est que la proposition prend trop de temps que la situation risque davantage de se détériorer. En tout cas, le soutien au secteur touristique y est, bien effectivement mentionné sans qu’il y ait pourtant d’amples explications permettant de mieux rassurer les acteurs concernés. Tout le monde sait très bien que c’est le secteur le plus à souffrir de la pandémie et ce depuis la suspension des vols passagers nationaux et internationaux depuis fin mars. Vue la propagation de la Covid-19 dans plusieurs régions et la hausse progressive du nombre de personnes contaminées, on ne peut rien prévoir de mieux d’ici peu. 

Interpellation encore et encore

Si en mi avril, la Confédération du tourisme de Madagascar a informé que le secteur touristique enregistre une immense perte de plus de 1.900 milliards d’ariary, récemment, elle a encore convoqué la presse afin d’interpeller à nouveau le désastre auquel sont confrontés les opérateurs touristiques. La pandémie a coûté plus de 40.000 emplois directs et 300.000 emplois indirects. Mais il n’y a pas que ça, plus de 1,5 millions de personnes qui vivent et dépendent du secteur touristique sont actuellement dans l’impasse. Tous ces chiffres, l’Etat, dont le ministre du Tourisme, en est déjà informé mais se trouvant dans une situation désespérée, la confédération a jugé bon de les rappeler encore et encore pour se faire entendre combien on risquerait de mal se relever si on n’agissait pas à temps. Il n’est donc plus nécessaire de rappeler aux autorités compétentes que tout le monde attend le fameux plan de mitigation plus détaillé pour que tous les secteurs puissent élaborer respectivement leur plan de relance. 

Un avenir incertain

Les opérateurs touristiques ont déjà évoqué la promotion du tourisme interne après la crise du Covid-19. Mais vue l’étendue des régions infectées par le virus et dont le nombre de personnes testées positive au Coronavirus ne cesse de croître, la population, du moins ceux qui en ont encore le moyen, risquerait d’attendre pour des vacances en famille ou une aventure dans les sites touristiques. Rappelons que la promotion du tourisme interne ne pourra se faire que si le pouvoir d’achat des ménages ne les permette, ce qui est loin d’être le cas pour une majeure partie. Le nombre accru des chômeurs, la suspension de nombreuses activités sources de revenue… ont considérablement impacté le portefeuille de tout un chacun. Visiblement, la situation de crise ne profite à aucun secteur et les conséquences, bien qu’elles se font sentir avant même les premiers cas enregistrés, seront davantage dévastatrices. Des bruits courent que l’Etat, via la Cnaps, prendrait la charge de payer les employés en chômage partiel ou technique dû à la crise de la Covid-19. Mais même si ce fut le cas, c’est une solution temporaire qui ne pourrait nullement durer parce que le moyen ne le permet pas. Rien que le secteur touristique compte plus de 340.000 emplois directs et indirects suspendus auxquels s’ajoutent les milliers d’employés des entreprises franches mis au chômage ainsi que de nombreux travailleurs de la profession libérale qui ont dû interrompre leurs activités… le budget ne suivra certainement pas.