Gestion du du Covid-19: Un non-maîtrise flagrant

Avec trois morts supplémentaires, ce qui ramène le nombre de décès du Covid-19 à 5, la situation est de plus  en plus désastreuse qu’un déconfinement total, tant attendu par la majorité de la population désireuse de reprendre les activités professionnelles, pourrait probablement ne pas figurer dans le discours du Président Andry Rajoelina ce dimanche. En tout cas, tout le monde s’attend à une déclaration plus fructueuse et des actions concrètes si le Président veut réparer l’image de son gouvernement, considérablement ternie par l’incompétence de certains de ses collaborateurs.

Les dernières données statistiques du CCOC fait état de 3 nouveaux décès, soit 5 mort en totalité, et de 42 nouveaux cas ce qui ramène le nombre de personnes testées positives à 698 depuis le 19 mars dernier. Le pays compte 9 cas grave et 164 guérisons. Des chiffres qui ne rassurent en rien la population. La décision du Président Andry Rajoelina de poursuivre le déconfinement progressif promettait une bonne maîtrise de la situation mais visiblement, il n’en est rien. En 5 jours, le nombre de cas a augmenté de 22% soit 156 nouveaux contaminés. Il faut aussi rappeler la propagation alarmante du virus dans de nombreuses régions dont Alaotra Mangoro, Atsimo Andrefana… due à une certaine négligence sur les routes nationales. Effectivement, beaucoup de personnes ont pu prendre la fuite pour rejoindre les régions saines sauf que nombreuses d’entres elles sont déjà porteuses de virus. Les forces de l’ordre dont les éléments de la gendarmerie ont renforcé le suivi et contrôle sur les routes nationales mais force est de constater que cette initiative, efficace qu’elle soit, a pris trop de retard que les conséquences sont irréversible. Quand le Président a déclaré que les employés d’Ambatovy étaient tous mis en quarantaine, nombreux sont ceux qui ont fait part qu’ils étaient toujours libres de circuler en dehors de l’enceinte et certains ont même pu prendre la fuite malgré les diverses interdictions. Pour les observateurs, la situation est loin d’être maîtrisée et l’Etat est loin de disposer la solution adéquate pour contenir le covid-19.

Une population ras le bol

Tous ces chiffres alarmants mènerait probablement le Chef de l’Etat à reconduire l’état d’urgence sanitaire, ce qui ne devrait étonner personne. Une frange non négligeable des observateurs proposent même des conditions plus strictes surtout pour la ville de Toamasina, l’épicentre du Covid-19. Un confinement total? Facile à imaginer et serait très bien efficace mais difficile à réaliser quand la majeure partie de la population vie au jour le jour. Ce problème est parmi tant d’autres que l’Etat a du mal à résoudre. Pas plus tard qu’hier, une émeute a eu lieu dans la grande ville de Toamasina. Les habitants crient famine et exigent le soutien de l’Etat. On ne peut pas les en vouloir surtout quand les diverses sommes faramineuses dépensées pour des projets jugés inopportun font scandal sur les réseaux sociaux. Entre autre, on peut citer l’achat de friandises à 8 milliards d’ariary (une information que la ministre en question a voulu démentir), la somme considérable allouée à la construction du fameux colisée à Manjakamiadana qui a été pris en charge intégralement par l’Etat, selon le Président lui-même, ou encore l’énorme budget consacré à la location du CCI Ivato pour le maintien de la session ordinaire parlementaire. Et entre temps, des millions de personnes ont dû suspendre leurs activités génératrices de revenus et ne mangent plus à leur faim. On parle de 189.400 familles bénéficiaire de 100.000 ariary du Tosika fameno pour Antananarivo par exemple mais ce soutien peut tenir jusqu’à quand? Et encore, nombreuses se plaignent de n’en avoir jamais bénéficié alors qu’elles n’ont plus de travail pour subvenir à leurs besoins. En tout cas, beaucoup attend un discours plus concret et détaillé de la part du Président Andry Rajoelina ce dimanche prochain si le précédent était plus décevant. Un rendez-vous précédé, bien effectivement, par une consultation des Chefs d’institutions.